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Richerenches

3e édition de la Journée des chefs le 21 juin 2010


La Journée des chefs (3e édition) se déroulera cette année du côté de la Drôme provençale, dans l'Enclave des Papes à Richerenches (84) le 21 juin à partir de 9 heures, avec de nombreux chefs, artisans, producteurs. Ce lieu est reconnu pour sa truffe authentique Melanosporum.
Les réservations - recommandées - pour le dîner de gala et l'accès au village des chefs (dégustations) sont possibles lien
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La vie secrète des truffes



Éviter les fraudes ou améliorer les plants truffiers, seraient les premières applications. (ARCHIVES « SO »)
La nouvelle a été largement reprise dans toute la presse, même si on n'en comprend pas toujours la portée. L' Institut national de la recherche agronomique (Inra) de Nancy, coordonnant une équipe d'une cinquantaine de chercheurs franco-italiens, a décrypté le génome de la truffe noire du Périgord. À une époque où la génétique s'immisce partout, ce n'est plus une surprise.
Pour ce précieux champignon souterrain toujours entouré de nombreux mystères, cette recherche fondamentale va peut-être apporter des éléments utilisables sur le terrain. Pour l'instant, les chercheurs parlent encore au futur sur les applications pratiques, mais évoquent la connaissance de la symbiose avec la plante hôte, le choix de meilleures souches et surtout la création d'un outil fiable pour traquer les fraudeurs (notamment ceux qui refilent de l'insipide truffe chinoise). Surtout, on sait désormais qu'elle a un sexe et qu'il faut en tenir compte pour sa reproduction.Pourquoi pas une IGP Gérard Chevalier, chercheur à Clermont-Ferrand qui travaille souvent avec les trufficulteurs du Périgord, a apporté sa pierre à l'étude. C'est lui qui a sélectionné la souche pour l'étude : une truffe provenant des Alpilles provençales. Il préfère pour le moment laisser parler ses collègues généticiens. Mais, sur le terrain, il pense que cela va donner de précieuses indications pour améliorer les plants mycorhizés (aux racines préparées avec un broyat de truffes). Patrick Réjou, l'un des techniciens de l'association des trufficulteurs du Périgord, espère lui aussi que cela permettra de développer encore les résultats sur les plantations. En Dordogne, on a planté 100 hectares en 2009 et on aurait pu en faire 25 de plus, mais il manque de plants de bonne qualité. « La recherche devrait également nous apporter des explications sur la maturité, les arômes et sur les origines. Pourquoi pas pour arriver un jour à faire une IGP (1) ! » Or il se méfie un peu des laboratoires qui pourraient amener le développement d'une culture autrement qu'en plein champ : « La trufficulture est très importante pour nos paysages et aide à réhabiliter l'espace. Il ne faut pas l'oublier. »
En Dordogne, 1 500 trufficulteurs sont adhérents de l'association. L'année de production qui vient de s'achever à la mi-mars a été moyenne pour le Périgord avec une récolte de 8 tonnes estimées.
Améliorer les contrôles
Jean-Charles Savignac, le président national de la Fédération de la trufficulture, originaire de Sorges, est très heureux de voir des recherches avancer sur la truffe, même s'il en relativise l'impact pour l'instant sur le terrain. « C'est un petit pas. Cela va certainement pouvoir améliorer les contrôles ». La détermination du sexe des truffes, que l'on attend depuis longtemps, « pourra permettre par ailleurs d'améliorer l'efficacité des plantations ». Pilier du marché aux truffes de Périgueux, Claude Brun rappelle qu'avec un canif et de l'expérience les trufficulteurs savent bien reconnaître les différentes espèces. « Dans certains cas, il faut une loupe binoculaire pour trancher », avance-t-il. Lui aussi souhaite une amélioration des plants à partir de ces recherches. À Grand-Brassac, Pierre Chaulet, fin connaisseur depuis plus de trente ans, rappelle que toutes les avancées sont bonnes : « En matière de truffe, on ne sait rien, il y a tout à découvrir. C'est important pour le Périgord qui est surtout connu à l'étranger pour les truffes et Lascaux ».
Enfin, du côté de Brantôme, Henri Dessolas, qui expérimente depuis des années des méthodes de culture avec des chercheurs, espère que l'on pourra mieux maîtriser la mycorhization des plants pour les adapter au terrain. Selon lui, le rôle du terrain est essentiel pour la production et il reste encore beaucoup de pistes à explorer. Par exemple le rôle des vers de terre. Ils ne sont peut-être pas étrangers au rapprochement des spores mâles et femelles, comme le font les abeilles avec le pollen pour les fleurs. Les chercheurs ont encore de quoi s'occuper...
(1) Indication géographique protégée.

Auteur : HERVé CHASSAIN






Le patrimoine génétique de la truffe mis à jour


C
'est une avancée majeure dans la connaissance du plus prestigieux des champignons: des chercheurs français et italiens ont séquencé le génome de la truffe noire du Périgord, ce qui devrait aider à terme les trufficulteurs à améliorer la qualité de leur production, et à lutter contre la fraude sur l'origine géographique, selon une étude publiée dans la revue Nature.
L'étude, menée par un consortium franco-italien coordonné par une équipe de l'INRA de Nancy, permet de mieux comprendre la biologie de la truffe noire du Périgord (Tuber melanosporum) et «l'évolution de la symbiose entre arbres et champignons», souligne l'INRA (Institut national de la recherche agronomique) dans un communiqué. C'est la première fois que le génome d'un champignon comestible est décrypté. Fruit de cinq années de travail, l'étude montre que le génome de la truffe est le plus grand connu chez les champignons. Il contient 125 millions de paires de bases et 7500 gènes, dont 6000 sont similaires aux gènes d'autres champignons. «Plusieurs centaines de gènes sont uniques à la truffe et jouent un rôle fondamental dans la mise en place de la formation du champignon», note l'INRA. La grande taille du génome de la truffe ôôs'explique par la présence de séquences répétées (58%) dont l'impact sur la diversité de l'espèce est en cours d'étude», précise l'institut. Directeur de recherche à l'INRA, Francis Martin, qui a coordonné l'ensemble du projet, souligne que l'étude vise à faire avancer la recherche fondamentale. Il s'agit de «mieux comprendre comment certains champignons du sol, dont la truffe noire du Périgord, sont capables d'interagir, de dialoguer avec les racines des arbres pour former une symbiose, une interaction symbiotique, qu'on appelle la symbiose mycorhizienne», a-t-il expliqué à l'Associated Press.
Le but est «d'identifier les gènes ou réseaux de gènes qui permettent ce dialogue avec la plante», souligne-t-il. La quasi totalité des arbres sur la planète sont en interaction avec des champignons, comme la chanterelle, le bolet, les truffes et bien d'autres. «Plus de 5000 champignons sont capables d'interagir avec les plantes dans les forêts européennes et la truffe est l'un d'eux», note le chercheur. L'autre objectif de l'étude «est d'aider la filière trufficole à sélectionner les races de truffe les plus goûteuses, les plus parfumées», précise Francis Martin. En recherchant des «marqueurs génétiques caractéristiques», les chercheurs espèrent dans quelques années permettre aux producteurs de cultiver des truffes qui ont «telle ou telle propriété organoleptique, tel ou tel parfum», explique-t-il. La France, l'Espagne et l'Italie constituent les trois zones de production essentielles du Tuber melanosporum. L'étude devrait aussi aider à lutter contre la fraude sur la provenance des truffes. A l'aide de marqueurs moléculaires issus de l'analyse du génome, les chercheurs pourront, en pratiquant des tests, «distinguer une truffe qui vient de Provence, du Périgord, du nord de l'Italie ou du nord de l'Espagne», souligne M. Martin. «Une dizaine de marqueurs génétiques est actuellement utilisée afin de constituer un fichier d'empreintes génétiques d'une cinquantaine de populations de Tuber melanosporum provenant d'Italie, d'Espagne et de France», note l'INRA. «Ce fichier d'empreintes génétiques facilite le typage» des origines géographiques des truffes récoltées et permettra la mise en place d'outils de certification de ces produits et la détection d'éventuelles fraudes.» Des tests pourraient par exemple permettre d'éviter que de la truffe venant de Chine ne soit vendue pour de la truffe du Périgord. «On a parfois des truffes qui viennent du nord de l'Italie ou de l'Espagne qui sont vendues sur les marchés périgourdins pour de la truffe du Périgord, alors que ce n'en est pas», observe M. Martin.
La mise au point d'outils de certification présente aussi «un intérêt évident pour les trufficulteurs qui aimeraient mettre en place des appellations d'origine contrôlées ou des appellations géographiques contrôlées, de manière à associer un label de qualité» aux truffes de leur terroir, précise le chercheur.


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